Pendant longtemps, nous avons fini par considérer cela comme normal.

Normal qu'un sénateur soit très présent avant une élection, puis beaucoup plus discret ensuite.

Normal qu'un mandat de six ans se résume parfois à quelques déplacements, quelques interventions, quelques photos et quelques rapports.

Normal qu'une fois élus, ceux qui représentent les Français établis hors de France parlent beaucoup de nous mais viennent finalement assez peu nous écouter.

Normal que les élus consulaires soient sollicités avant le vote puis beaucoup moins après.

Moi, je ne crois plus que cela soit normal.

Je ne crois pas qu'un mandat de sénateur soit une récompense.

Je ne crois pas qu'un mandat soit un titre.

Je crois qu'un mandat est une mission.

Et je crois que les Français de l'étranger méritent autre chose qu'une représentation intermittente.

Moi Sénateur, je ne considérerai jamais qu'une élection me donne raison pour six ans.

Moi Sénateur, je considérerai qu'une élection me donne une obligation pour six ans.

Moi Sénateur, je prendrai l'engagement d'aller régulièrement voir les élus consulaires de ma circonscription. Pas pour faire campagne. Pas pour faire une photo. Mais pour écouter. Parce qu'au fond, ceux qui connaissent les difficultés du terrain ne siègent pas au Palais du Luxembourg. Ce sont les élus consulaires. Ce sont eux qui voient les problèmes de protection sociale, les difficultés administratives, les situations humaines, les écoles sous tension, les questions de mobilité, les dossiers qui s'enlisent. Et pourtant, leur expérience remonte encore trop peu jusqu'au Parlement.

Moi Sénateur, je ne considérerai pas les élus consulaires comme des grands électeurs. Je les considérerai comme mes partenaires permanents.

Moi Sénateur, je prendrai leurs remontées et j'en ferai des sujets politiques.

Moi Sénateur, je déposerai des questions écrites lorsque l'administration restera silencieuse.

Moi Sénateur, je demanderai des explications lorsque les réponses ne viendront pas.

Moi Sénateur, je rendrai compte publiquement de mon activité. Je dirai ce qui avance. Je dirai ce qui bloque. Je dirai aussi ce qui échoue. Parce qu'un élu ne doit pas seulement rendre compte de ses succès. Il doit rendre compte de son travail. Je ne crois pas au sénateur qui prétend tout résoudre. Je crois au sénateur qui reste disponible. Je ne crois pas au mandat exercé depuis Paris. Je crois au mandat exercé avec le terrain. Je ne crois pas au commentaire permanent. Je crois au suivi. Pendant trop longtemps, nous avons accepté une idée étrange : celle qu'être élu dispenserait presque de rendre des comptes. Je pense exactement l'inverse. Plus le mandat est long, plus le contrôle doit être fort.

Moi Sénateur, je ne vous demanderai pas un chèque en blanc. Je vous demanderai au contraire de me rappeler mes engagements. De me relancer. De me contredire. De m'obliger à rester utile. Parce qu'au fond, les Français de l'étranger n'ont pas besoin d'un sénateur qui parle d'eux. Ils ont besoin d'un sénateur qui parle avec eux. Et si un jour j'ai l'honneur d'être élu, je ne veux pas que l'on dise : « On l'a vu avant l'élection. » Je veux que l'on puisse dire : « Pendant six ans, il est resté au travail. »

C'est ensemble, et tous ensemble, que moi Sénateur et vous Élus, dans notre région de l'Océan Indien et au-delà, nous porterons votre voix, notre voix, celle de la France Éternelle.