Les Français du Costa Rica : plus de 30 ans d'attente et d'espoir

Depuis plus de trente ans que je vis au Costa Rica, une question revient régulièrement dans mon esprit : que représente réellement la France pour les Français qui ont choisi de vivre à l'étranger, et par la même, que représentent ces Français pour la France ?
Cette question n'est ni polémique ni partisane. Elle mérite simplement d'être posée.
S'expatrier est un choix de vie. Certains quittent la France pour des raisons professionnelles, d'autres pour créer une entreprise, construire une famille, prendre leur retraite ou simplement rechercher ailleurs un nouvel équilibre de vie, par déception, pour réaliser un rêve…. Les parcours sont différents, mais une chose demeure : l'expatriation ne fait pas disparaître le lien avec la France.
Pourtant, avec les années, ce lien peut parfois donner l'impression de devenir plus administratif que politique. Nous avons des représentants des Français établis hors de France. Nous avons des sénateurs, des députés, des conseillers des Français de l'étranger, une ambassade et des services consulaires. Tout cela est indispensable. Mais une question demeure : ces institutions connaissent-elles réellement les préoccupations quotidiennes des Français qui vivent au Costa Rica ?
Quels sont leurs besoins en matière de santé, de retraite, de fiscalité, de protection sociale, d'éducation, de sécurité, de transmission du patrimoine ou encore d'accompagnement administratif ? Et surtout : que leur offre-t-on concrètement ?
Il ne suffit peut-être plus de considérer les Français de l'étranger comme une communauté que l'on retrouve principalement au moment des élections. Une représentation politique véritable devrait commencer par l'écoute, la proximité et la connaissance du terrain.
Depuis trente ans, je me demande également combien de nos représentants nationaux ont réellement pris le temps de venir à la rencontre des Français du Costa Rica, de s'asseoir avec eux, d'écouter leurs difficultés et de comprendre leurs attentes.
La question n'est pas de savoir combien de kilomètres séparent Paris de San José. La question est de savoir si, dans un monde où les Français vivent, travaillent, entreprennent et vieillissent aux quatre coins de la planète, la République française a réellement repensé sa relation avec ses citoyens expatriés.
Car s'expatrier ne devrait pas signifier sortir de la République. Être Français à l'étranger ne devrait pas non plus signifier n'être considéré qu'au moment des élections.
C'est peut-être là que commence le véritable débat…


